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#24 Terrorisme, féminicides : soutenir les victimes, prévenir les violences avec Chérifa Kheddar, cofondatrice de l’association Djazairouna, en Algérie.

04/12/2023

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Présentation

Civiles ou pas, les périodes de guerres sont aussi des périodes de chaos et de non droit pendant lesquelles viols, rapts et tortures de femmes et d’enfants se multiplient. On en parle encore trop peu, on les punit rarement. 

Au début des années 1990, l’Algérie a basculé dans un déchaînement de violence brutale et massive. Le terrorisme de ces années là a fait plus de 200 000 morts, un million de personnes déplacées, des milliers de disparus, des dizaines de milliers d’exilés.

Le frère et la sœur de Chérifa Kheddar ont été tués par les terroristes à cette période là. Toute sa famille était ciblée, elle-même a évité la mort de justesse. Son énergie, son engagement sont inspirants. A l’écouter, on comprend que notre engagement en Europe est important aussi, tout comme notre responsabilité : toute évolution positive dans un pays pourra favoriser une amélioration dans un autre et, ainsi, faire boule de neige. La pression internationale a un impact. A écouter Chérifa, on comprend aussi qu’il est des batailles qui nécessitent une persévérance opiniatre.
Il y a d'une part la nécessité de l'écoute et de la mémoire, en écoutant Chérifa vous comprendrez combien c'est important. Et en cela, la musique du générique du podcast entrelacs dit exactement cela : "Tella, tamkant deg ull-iw., tu auras toujours une petite place dans mon coeur"

Il y a, ensuite, la nécessité d'aider à se reconstruire, d'empêcher que cela se reproduise, pour la victime et pour toutes les autres, pour empêcher qu'elles le deviennent.

C’est long, ce n’est jamais définitif, mais malgré tout, c’est absolument nécessaire. 

En effet, impossible d’imaginer forger un monde fraternel si les femmes n’ont pas les mêmes droits que les hommes et si les violences faites aux femmes ne suscitent qu’indifférence ou mépris. D’après l’ONU, dans le monde, 736 millions de femmes - soit près d’une sur trois - ont subi au moins une fois des violences physiques et/ou sexuelles de la part d’un partenaire intime, et/ou des violences sexuelles de la part d’une autre personne (30 pour cent des femmes de plus de 15 ans). Ce chiffre ne tient pas compte du harcèlement sexuel. Les violences faites aux femmes touchent de manière disproportionnée les pays et régions à faibles et moyens revenus. Selon les Nations unies, 47 000 femmes ont été tuées en 2020 par un partenaire intime ou un membre de leur famille, soit une femme toutes les 11 minutes. Très souvent, ces feminicides sont l’aboutissement de violences graves, de véritables tortures.

Je vous ai partagés quelques chiffres, mais en Algérie comme ailleurs, il est très difficile d’obtenir des données exhaustives : les femmes ne connaissent pas toutes leurs droits, rares sont celles qui osent porter plainte, et même quand elles le font, encore faut-il que la plainte soit enregistrée et que le processus aboutisse. Comment, dans ces conditions, défendre ses droits ? Et comment être féministe dans un pays comme l’Algérie encore très marqué par le patriarcat et la domination des hommes, tant dans les familles qu’au niveau du système juridique et politique ?

Voici quelques unes des questions que nous allons aborder avec Chérifa Kheddar, juriste, co-fondatrice et présidente de l’association Djazairouna. Féministe depuis son adolescence, dans le sillage du mouvement des femmes, elle est engagée dans la lutte pour l’égalité des droits, la prise en charge des féminicides et la lutte contre les violences faites aux femmes.

Pour contacter Chérifa Kheddar et l'association Djazairouna https://www.djazairouna-dz.com

Musique : Tella, Amel Brahim Djalloul, avec l'autorisation de la SACEM.

Disponible sur toutes les plateformes et en particulier sur :

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